Rien n’est plus craquant que de regarder un tout-petit en train de dormir ! On se pose souvent la question : que se passe-t-il derrière ses paupières closes ? Que cachent ces mimiques, ces sourires, ces froncements de sourcils ? Bref, les bébés rêvent-ils et que contiennent leurs rêves ?
 
Grâce aux progrès de l’échographie, nous savons que les bébés commencent à rêver dans le ventre de leur maman. Les mouvements des yeux, des mains, des doigts, des jambes sont significatifs et se retrouveront à leur naissance.
Dans les premiers mois de leur vie, les nourrissons sont les champions du dodo. Ils dorment près de 16h par jour, voire plus pour certains « gros dormeurs » ! Autant que d’autres grands spécialistes, les chats.
Leur sommeil se découpe en périodes de 3 à 4 heures dont 50 à 60% consacrés aux rêves, c’est-à-dire que les bébés ont au moins 8h de rêves dans leur journée. Mimiques et agitation sont les signes d’une activité cérébrale intense. Sans savoir exactement de quoi sont faits ces rêves, les scientifiques pensent que ces phases sont essentielles au développement de leur capacité de mémorisation future.
Le nouveau-né n’a pas les mêmes rythmes de sommeil que les grands, ne fait pas la différence entre jour et nuit, se réveille et s’endort n’importe quand au cours d’une période « agitée » qui correspond à la phase de « sommeil paradoxal » des adultes, celles des rêves.
Biberons et câlins peuplent sans doute leurs songes car on sait que rêver est le prolongement de nos vies éveillées. Mais nous n’en saurons pas plus avant 3 ou 4 ans quand bébé sera capable de tout nous raconter !
On ne pense pas toujours à photographier ou filmer le sommeil des nourrissons. Pourtant il y a des instants inoubliables et des petites moues adorables qui valent bien d’être immortalisés ! Un « album des dodos » regroupant toutes les photos de vos enfants dans leurs premiers sommeils vous réservera des moments aussi amusants que délicieux.
 
À partir du 3ème mois, le sommeil de votre tout-petit se transforme. Peu à peu, il change de rythme, dort plus longtemps la nuit et reste éveillé de plus longues périodes dans la journée. Forcément sa qualité se modifie aussi, se stabilise. Les mouvements agités que vous aviez constatés dans les premiers mois diminuent et les rêves n’occupent plus que 30% du temps de sommeil.
Ses phases de réveil étant plus longues, il se passe inévitablement beaucoup plus de choses dans la vie de votre tout-petit, qui se traduiront dans ses songes. Par exemple, aux alentours du 8ème mois, bébé développe une peur de l’inconnu et des inconnus. Il est fort possible que parfois, elle se retrouve dans son sommeil. Il se réveille alors, hurle et a besoin d’un gros câlin rassurant. Une grande partie de rigolade avec ses frères et sœurs laissera également des traces et ne vous étonnez pas si, en pleine nuit, vous entendez bébé rire. Ne vous levez pas, il (ou elle) dort à poing fermé !
Évitez de coucher un bébé juste après une forte émotion. Ceci est d’ailleurs valable quel que soit son âge. Si votre tout-petit a été confronté à cette peur de l’inconnu, qui caractérise la période entre 6 et 10 mois, il y a un risque pour qu’il en rêve dès qu’il sera endormi. Seule solution, effacer cette peur avec un grand moment de douceur, dans vos bras, peut-être un peu plus longtemps que d’habitude.

Dès que l’imaginaire s’invite dans le quotidien des tout-petits, il se traduit dans leurs rêves au même titre que les émotions. Évidemment à 10 mois, l’impact est moins important qu’à 2 ans quand les histoires que vous lui racontez, la télévision et les jeux au jardin sont autant d’événements qui peuvent alimenter l’imagination de votre enfant. Plus l’activité d’un enfant sera riche dans la journée, plus ses nuits seront habitées ! Le rêve prolonge le jeu de l’après-midi mais peut aussi exacerber l’angoisse ressentie à un moment de la journée. En effet, la principale préoccupation des tout-petits tourne autour de la séparation et de la peur de l’abandon. À cet âge, le besoin de sécurité est primordial et ne s’éteint pas lorsque le soir tombe, au contraire. Pourtant et paradoxalement, ce n’est pas encore l’heure des cauchemars, qui viendront plus tard.
C’est le bon moment pour instituer un rituel du coucher, particulièrement rassurant pour un tout-petit. Lorsque chaque soir, il est sûr que Maman (et/ou Papa) viendra lui dire bonsoir, qu’elle passera un petit moment avec lui, qu’il sera embrassé et câliné, donc pas près d’être abandonné, sa nuit a toutes les chances d’être douce et calme.
 
Bébé va entrer dans une phase de turbulences des rêves qui virent aux cauchemars. Ogres et sorcières n’ont pas fini de s’inviter dans ses songes ! En fait, ils sont souvent les représentations des adultes de son entourage. Votre tout-petit a été grondé par Papa ? Celui-ci sera l’ogre de ses nuits. Maman aura refusé de céder à un caprice, elle se fera sorcière ou monstre pendant la sieste. Ces rêves peuvent déclencher de véritables terreurs. Ils signifient souvent que votre tout-petit traverse un moment difficile (l’entrée en crèche ou chez la nounou après les vacances, la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur qui risque de lui « prendre sa place » auprès des parents) Les sentiments de malaise, de culpabilité et de crainte se bousculent dans son petit cœur et envahissent ses rêves pour les rendre tout noirs !
L’imaginaire galopant, le monde magique des histoires sont relayés par l’affirmation du caractère de votre enfant. Il peut rêver de toute puissance (il est le roi), d’indépendance (« je suis grand »), de satisfaction de ses désirs (« maman ne peut rien m’interdire »). Dans ces cas-là, les super héros seront ses représentations les plus fréquentes et Superman, ce sera lui (ou elle, eh oui les filles n’y échappent pas !). Le plus important pour vous, est de lui faire admettre la limite entre rêve et réalité. Si vous constatez que votre tout-petit a tendance à se comporter de façon frénétique comme un super héros, dans ses jeux par exemple, prouvez-lui que tout est « pour de faux » et qu’il est beaucoup plus intéressant d’être un humain sans super pouvoir et que la curiosité, l’adaptation, l’habileté, le dessin et la musique sont des atouts bien plus importants !
Si vous sentez que votre tout-petit est perturbé après une nuit agitée, faites-lui raconter ou dessiner l’événement. Il ne vous parlera pas de rêve, pour lui, c’est du vécu. Une fois « évacué » par le dessin ou la parole, le cauchemar sera déjà beaucoup moins terrifiant.
Votre conclusion sera toujours : « mais il n’y a pas de monstre ici - ni de sorcière » ( utilisez les thèmes de son rêve). Tout cela est donc bien « pour de faux » , « c’est un mauvais rêve ! » Pour votre petit rêveur, votre attitude sera très rassurante.
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